Soyons clair dès le départ : autant d’émotions suscitées à l’écoute amènent chez moi une subjectivité pleinement assumée sur Gravenhurst…
Avec Western Land en 2007, le groupe avait obtenu son billet pour la cour des grands groupes indés. Cinq ans plus tard, ils sortent l’attendu The Ghost of Daylight. Le somptueux The Prize, premier single, annonce la couleur. Gravenhurst, mené par l’anglais Nick Talbot (auteur, chanteur, guitariste) et disciple de Nick Drake, se dirige dorénavant vers des compos plus élaborées.
Sans oublier ses racines folk pour autant, Nick Talbot impose deux directions à l’album : sur son premier chemin, des titres lunaires, pop electro cotoient alors des plages de rock envoûtantes composées de mellotrons, d’orgues et de synthétiseurs anciens, non sans rappeler des similitudes avec Radiohead. The Prize, Circadian et son envolée finale majestueuse, ou la sombre et troublante Fitzrovia en font partie. Et de l’autre côté, se placent de somptueuses ballades folk acoustiques, arrangées par le génie folk Richard Thompson, et saupoudrées d’une pincée du lyrisme mélancolique de Belle and Sebastian (Merci Johann). Le tout divinement interprété au chant comme à la guitare, de façon juste, émouvante et touchante.
Un drôle de voyage expérimental dont on ne ressort pas indemne, guidé par un maître de la subtilité émotionnelle, ayant le pouvoir magique d’apaiser ou d’émouvoir jusqu’à l’âme. 10 titres capables d’être touchés par la grâce, ça existe? Hé bien oui.
Introspectifs, narcissiques, bipolaires, contemplatifs ou juste déprimés… Vous allez plonger.
