Fan absolu de Radiohead , j’attendais avec impatience l’arrivée d’un nouveau groupe qui me procure des émotions aussi fortes et comparables depuis un bon moment déjà.La découverte d’Alt-J par le biais d’une poignée de titres lâchés sur la toile depuis quelques semaines a été pour moi une véritable révélation. Une sensation magique de lévitation dès la première écoute. Une musique mystique et habitée.
Le premier album du quator de Leeds, An Awesome Wave, confirmes toutes ces promesses. La recette: une démarche artistique presque expérimentale reposant sur un brassage tout azimuts des genres, de la pop à l’électro en passant par le folk, le hip hop, le dub ou le trip-hop , des compositions complexes et élaborées, une déstructuration des canons habituels de la pop.
Bref, une musique de bricoleurs de génie assez conceptuelle de jeunes intellos anglais issus des beaux arts, à l’instar de leurs comparses de Breton ou Django Django. Encore soulignée par le nom du groupe, le raccourci sur un clavier mac pour obtenir le symbole grec Delta évoquant le changement et la création. Mais avec une musicalité immédiate et instinctive, une harmonieuse beauté.
Les guitares, la basse, les claviers, la batterie et les machines se combinent avec une équilibre et une fluidité bluffante entre breaks chaloupés, montées atmosphériques et envolées divines par la grâce d’arrangements riches et subtils. La voix charismatique et incantatoire de Joe Newman fait le reste et amène ce petit quelque chose en plus qui fait toute la différence: de la profondeur d’âme.
Cette richesses de sonorités et cette exploration en dehors des sentiers battus résonne dans les 13 titres de l’album. Difficile de ne pas entrer en transe sur mon titre préféré, Something Good, magnifique poésie en 3 strophes et ses envolées vocales magistrales à la Radiohead, de s’imprégner des couches successives de vagues musicales vertigineuses de l’hypnotique Tesselate et de la chamanique Breezeblocks, ou de célébrer des rituels paiens sur la plus tribale Fritpleasure . Avant d’être emporté par la simple et lumineuse love song Matilda.
Au final, je peux déja annoncer que cet album figurera en 1ère place du classement des meilleurs disques de l’année de popsteel. Enfin bon, va peut-être falloir négocier avec Steph mais ça va pas être trop dur de la convaincre, je crois…
En bonus, 2 titres ne figurant pas sur l’album!
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