Depuis 2 mois, j’assiste mi-incrédule mi-amusé au succès planétaire des Black Keys. Par la grâce d’un tube estampillé nouvel hymne rock, Lonely Boy, nos 2 compères d’Akron (Ohio) ont décroché la timbale au bilboard et enchaînent couvertures de magazines (la dernière en date celle du prestigieux Rolling Stone ricain) et passages télé.
Comment ce groupe plutôt confidentiel de garage blues rock que j’apprécie depuis ses débuts en 2002 pour son authenticité et son bon gros son électrique crasseux sans concession est-il devenu le groupe hype du moment?
Leur précédent album sorti en 2010, "Brothers" , bacchanales enthousiasmantes entre blues rock , soul et funk, encensé par la critique, avait déjà marqué un frémissement et le début d’une certaine reconnaissance populaire(plus de 1,5 Millions de galettes vendues). Rien à voir toutefois avec la déferlante actuelle qui leur ouvrent les portes de la gloire internationale, en dernier rejeton du son puissant du Midwest industriel, de Lep Zep aux White Stripes.
Sur El Camino, le 7ème enregistrement du duo, Dan Auerbach (guitare/voix) et Pat Carney(batterie), en bons artisans rock, restent fidèles à leurs racines et renouent avec un son plus brut et direct. Riffs imparables, rythmiques effrénées et méchamment groovy, mélodies finement ciselées par l’habile producteur Danger Mouse, la moitié de Gnarls Barkley, qui apporte une contribution peut-être décisive par un lifting discret des aspérités de l’électricité vintage des Black Keys. Une recette classique pour un disque qui donne furieusement envie de sautiller sur place, dans la lignée du John Spencer Blues Explosion. Une musique qui sent bon la sueur et le cambouis à l’image du van un peu pourri de leurs premières tournées représenté sur la pochette.

